Ce n'est pas de saison. Tant pis ...
Ces derniers jours, mes deux grands ont ressorti leur "travail" de cet été. Et j'ai envie de vous le présenter.
Les cahiers de vacances, je n'aime pas ça. Faire les exercices dans l'ordre, ce n'est pas rigolo. Ce n'est pas les vacances. Les faire dans le désordre, c'est illogique et ça peut rapidement poser des soucis de compréhension. Et puis, au fond, le travail sur fiche, tout préparé, tout planifié, ce n'est pas mon truc.
Cet été, j'ai donc proposé à mes enfants de créer un livre. Ils en ont déjà fait, ils aiment bien, et l'idée les a tout de suite emballé. Le thème que j'ai proposé leur a beaucoup plu aussi : les fuseaux horaires.
Le principe est simple. Les enfants ont l'habitude de se situer sur un globe, ils connaissent les continents, quelques pays, l'équateur, les pôles ... En travaillant sur les fuseaux horaires, nous avons abordé la géographie de manière très différente.
Chaque séance (douze séances en tout, quand ils avaient envie) nous observions deux fuseaux, les pays représentés, et chaque enfant en choisissait un. Nous avons commencé par midi (Londres) jusqu'à minuit, puis nous sommes revenus en arrière ( -1, -2 etc ...).
Sur chaque page de notre livre, une heure, une petite tranche de vie à un moment donné. Une horloge. Un drapeau. Une petite description. Un joli dessin.
Durant tout l'été, mes deux grands ont donc appris beaucoup.
- ils ont appris à faire des recherches. Chercher un mot dans le dictionnaire. Chercher un drapeau (mais attention, sur le vieux dictionnaire de maman, on ne trouve pas tous les drapeaux, il vaut mieux regarder sur le Robert junior d'A. , plus récent). Chercher un prénom sur internet, ou sur le magazine de foot (idée de mon grand A. : toutes les équipes du mondial, ça en fait des prénoms différents !!!). Chercher des idées de thème sur google images (tiens, il y a de jolies robes en Nouvelle-Calédonie, je vais tenter de les dessiner). Chercher des spécialités culinaires sur internet ( il est midi à Londres, que mange t-on en Angleterre ?) etc ... Chercher tout en vérifiant (un peu) les sources : taper des mots clés sur google n'est pas magique.


- ils ont écrit régulièrement (surtout grand A., F. écrivait un mot ou deux et rarement en cursives) , en vérifiant l'orthographe des mots difficiles sur le dictionnaire ou internet. Je n'ai pas corrigé chaque fois, j'ai laissé beaucoup de liberté durant les premières séances puis, petit à petit, on a rappelé certaines règles et on a travaillé sur brouillon avant de mettre au propre. Idem pour les horloges qui ne sont pas toujours très justes.
- ils ont mené différents projets séparément tout en travaillant en groupe et en faisant des concessions.
F. , pas exemple, voulait absolument dessiner l'île de Pâques. Nous avons donc cherché où était cette île sur la carte, noté le fuseau et le jour J. mon grand A. savait qu'il ne pourrait pas choisir de pays dans le fuseau "6h du matin".
A. , quant à lui, s'était mis en tête de trouver un musée à Buenos Aires pour y faire travailler son personnage. Nous avons passé de longs moments sur internet à comparer les musées, à trouver LE musée qu'il allait représenter (le musée Del Humor).
- je leur ai montré, petit à petit, comment mener une recherche scientifique (on ne met pas une maison sur une île inhabité). Exemple de l'Alaska, une des pages les plus difficiles :
F. avait choisi l'Alaska, 3h du matin. Nos avons vérifié que l'Alaska ne comptait bien qu'un seul fuseau horaire. Nous avons tapé "Alaska" sur google images et nous avons observé de belles aurores boréales (puis également sur google vidéos, c'est tellement beau !!!). F. a voulu absolument en dessiner une. Nous avons donc cherché une ville en Alaska où les aurores boréales sont fréquentes et vérifié qu'à 3h du matin on peut en observer. Tout cela parait simple mais ce n'est pas évident pour eux (et nous n'avons pas pris en compte les saisons, l'heure de coucher du soleil, les vêtements plus ou moins chauds, les heures de repas qui changent selon les pays ... )
Lorsqu'un enfant crée avec plaisir, il est tout entier absorbé par ses recherches, ses idées. Il ne voit pas le temps passer, il imagine et apprend, au fil des jours, quantités de choses sur des sujets très différents. Un cahier de vacances ne suit pas l'enfant comme un beau projet, mené à son terme petit à petit.
Le rendu final n'est pas important au fond, ce qui compte c'est la démarche, l'investissement, et toutes ces découvertes qui ont rythmées notre été.
Respecter l'envie des enfants est également primordial : A. n'est pas un grand illustrateur, il aime mieux chercher des idées, le dessin est complètement secondaire (sauf les drapeaux, sa grande passion). F. n'avait pas vraiment envie d'écrire mais remplissait ses feuilles de dessins avec beaucoup d'application.
J'ai adoré voir ce projet prendre forme, indépendamment de ce que j'avais en tête au départ, parce que si c'était mon idée, c'est devenu, dès la première minute, leur projet et je n'ai plus rien décidé du tout.