Il y a cinq ans, j'étais enceinte. Contrairement à mes deux précédentes grossesses, j'étais vraiment en forme, je pouvais rester longtemps debout pour cuisiner, m'occuper de mes enfants, repasser le linge, marcher ... Ma première écho n'avait pas détectée de problème : clarté nucale bonne, pas la peine de faire de prise de sang pour détecter un handicap éventuel : quand la clarté nucale est ok, faire cet examen crée du stress inutile. J'ai cru le docteur...
Au moins de décembre, 5 mois de grossesse, les problèmes ont commencé : "Mais madame, il faut vous reposer, ce bébé ne grossit pas assez, il est trop petit !!!".
Durant les trois mois suivant, chaque mois, une petite échographie, et chaque mois je rentrais chez moi en pleurs, en culpabilisant énormément. J' étais reposée, très reposée, je m'allongeais en début d'après-midi, une dame de l'ADMR faisait mon ménage, mon mari s'occupait de la maison et des enfants après son travail, et moi, en pleine forme, je regardais tout ce petit monde en me sentant coupable, mauvaise mère pour ce petit bébé en formation, mauvaise mère pour mes deux grands, et inutile dans le quotidien.
Au mois de février, c'en était à un point où j'étais suivie par une sage femme (pour qui cet alitement était inutile, du moment que j'écoutais mon corps) tous les deux jours pour un monito , et où j'ai dû déménager chez mes parents : on m'imposait 18 heures couchée, autant dire que c'était impossible avec deux enfants en bas âge et aucune famille proche.
Nouvel hôpital, nouveau gynéco, nouvelle sage-femme à domicile, suite à ce déménagement. Je voyais mon mari deux fois par semaine, ma maman s'occupait de mes enfants, tout le monde participait pour aider ce bébé à grossir. Je crois que je ne me suis jamais sentie autant inutile et coupable qu'en cette période !!!
Deux semaines avant le terme, suite à de mauvais examens, un déclenchement a été décidé : les échanges se faisaient mal avec le bébé, il valait mieux qu'il soit dehors pour grossir plus vite. J'étais inquiète, je languissais de connaître le poids de cette petite plume, de pouvoir être active, enfin. D'être une maman, une vraie, qui s'occupe de ses enfants, de sa famille, de sa maison. Je ne voulais plus dépendre des autres.
Plume est née dans l'après-midi, un vendredi de mars. Elle était belle, pesait 2kg660 : un petit poids mais rien d'affolant comme je le redoutais. L'accouchement l'avait fatiguée, elle dormait sur moi mais ne cherchait pas à téter. J'étais vraiment ravie, je téléphonais à tout le monde, je prenais des photos, je ne me rendais pas compte de la distance de mon mari ...
Car lui était au courant !!! Durant mes deux heures d'euphorie, lui savait mais ne devait pas me dire. Le pédiatre le lui avait gentiment expliqué : "Nous suspectons une trisomie 21 pour votre fille, votre femme a besoin de repos après son accouchement, plus tard, quand vous serez seuls, parlez lui, mais pas tout de suite".
Quand j'y repense, j'ai envie de frapper ce monsieur. Je ne suis pas violente, pourtant, mais imaginer ce qu'à vécu mon mari durant deux heures, seul, face à sa femme qui criait son soulagement au téléphone "2kg660, elle va bien, elle est presque joufflue !!!" ...
Et dans ma chambre, il y avait toujours un gynéco, une sage-femme et j'en passe. A aucun moment il n'a eu l'opportunité de me parler. La pression a dû monter en lui. Et à chaque coup de téléphone, il devait penser "encore une personne qu'il faudra rappeler dans une heure pour lui dire que non, tout ne va pas bien ..."
Je n'ai rien vu et je regrette.
Cet article n'a pas pour but d'attirer la sympathie, la pitié, la colère. Mais j'aimerais passer certains messages :
Je ne sais pas ce que j'aurais fait si j'avais su plus tôt que ma fille était handicapée. J'ose espérer que je n'aurais pas envisagé une seconde l'IMG. Mais comment savoir. Ma grossesse a été gâchée par cette culpabilité, par ces "mais reposez-vous madame" qui sont bien pratiques : c'est toujours la faute de la maman s'il y a un souci. A aucun moment le gynéco n'a cherché plus loin.
Je ne crois pas que ce soit à mon mari qu'il revenait de m'annoncer que ma vie était en train de basculer. Que tout allait changer. Que ce bébé n'allait peut-être pas bien, qu'il allait falloir faire de nombreux examens avant de savoir. J'ai su plus tard que le pédiatre finissait sa journée peu après : il savait déjà qu'il n'aurait pas à gérer la réaction peut-être hystérique d'une maman en état de choc. Il savait que pour le bien de sa femme fatiguée, le papa allait se taire et prendre sur lui. Et tant pis si ce même papa avait lui aussi vécu des heures d'angoisse, tant pis si ce papa avait aussi besoin de se reposer et de profiter de son bébé avant de "savoir". J'appelle ça de la lâcheté. Le personnel de l'hôpital a également été choqué par cette attitude. C'est monstrueux d'imposer cette charge à un papa, ce monsieur ne devrait pas être docteur. Nous sommes un couple. J'aurais voulu savoir en même temps que mon mari. J'aurais voulu être là pour lui. J'aurais voulu qu'on ne lui mette pas sur les épaules un fardeau qui n'était pas le sien. Car regarder sa fille en y découvrant un handicap, c'est une épreuve très difficile, et c'est de soutien dont ont besoin les deux parents, pas d'une pression supplémentaire.
Enfin, au gynéco qui m'a promis que tout irait bien car il me voyait angoissée deux jours avant l'accouchement (oui oui, il m'a promis !!!) et qui a baissé les yeux en me croisant avec mon bébé dans les couloirs de la maternité, je voudrais dire un mot aussi : rien ne sert de promettre la lune à un patient, c'est avec des paroles comme ça que naissent les incompréhensions et les rancunes. Nous avons vu un pédiatre le lendemain de la naissance de Plume qui ne nous a rien caché. Il a tout déballé, sans prendre de gants. Nous avons DU encaisser. Nous avons PU lui faire confiance. Le docteur n'est pas là pour être mon ami, la tape sur l'épaule, je m'en fiche. Il est là pour faire son travail, et tant pis s'il me met une claque, au moins je sais où je vais, je sais ce qu'il se passe, je sais qu'il est là pour nous.
vendredi 28 novembre 2014
lundi 24 novembre 2014
Vent doux de novembre
La balade a commencé comme ça
Mais on a vite eu trop chaud
On a jeté de grosses pierres dans l'eau
Tenté des ricochets qui ne ricochaient pas très bien
Trouvé des trésors
On s'est enfoncé dans le sable mouillé
dans l'eau et dans la boue
On a fait un petit radeau
puis on l'a regardé passer sous le pont
Enfin, on a couru vite vite pour décrasser les bottes
Une bien belle matinée de novembre, un vent doux dans les cheveux, un soleil timide sur le bout du nez
vendredi 21 novembre 2014
La Saint Martin chez nous
J'aime découvrir de nouvelles fêtes : des fêtes oubliées, des fêtes d'une culture voisine ou inconnue, des fêtes qui nous donnent l'occasion de passer un moment ensemble, de voir les choses de manière différente et de changer, un peu, nos habitudes.
L'an dernier, nous avons découvert une fête qui a beaucoup plu aux enfants : la saint Martin. Célébrée dans différents pays, c'est une fête de partage, de vie, de lumière. Une bien belle manière de passer un après-midi pluvieux le 11 novembre ; nous avons donc reconduit l'expérience.
Pour notre saint Martin, nous n'avons pas rôti une oie ni préparé de brioche (l'an prochain on tentera). Nous n'avons pas non plus fabriqué des lanternes. Mais l'esprit y était, on a simplement adapté un peu.
Selon la légende St Martin, portant la bonne parole sur les côtes flamandes, perdit son âne. A la nuit tombée, les enfants du village, lanternes à la main, le retrouvèrent sur les dunes. Pour les remercier, St Martin transforma les crottes de l'âne en brioches. (résumé rapide)
Pas de brioches chez nous, donc, mais des bonbons ronds en chocolat qui guident mes enfants pour retrouver, à travers la maison (il pleut, ne l'oublions pas, le chocolat n'aime pas trop) un âne en peluche caché.
Après un goûter très chocolaté, fabrication de photophores.
C'est simple mais très agréable, rien de bien original mais les enfants aiment beaucoup cette légende et la recherche de l'âne est un grand moment, même M. suit la piste (et petit N. mange les bonbons en chocolat à mesure qu'il les trouve, il ne faudrait pas faire attendre son bidon, m'enfin ... )
L'an dernier, nous avons découvert une fête qui a beaucoup plu aux enfants : la saint Martin. Célébrée dans différents pays, c'est une fête de partage, de vie, de lumière. Une bien belle manière de passer un après-midi pluvieux le 11 novembre ; nous avons donc reconduit l'expérience.
Pour notre saint Martin, nous n'avons pas rôti une oie ni préparé de brioche (l'an prochain on tentera). Nous n'avons pas non plus fabriqué des lanternes. Mais l'esprit y était, on a simplement adapté un peu.
Selon la légende St Martin, portant la bonne parole sur les côtes flamandes, perdit son âne. A la nuit tombée, les enfants du village, lanternes à la main, le retrouvèrent sur les dunes. Pour les remercier, St Martin transforma les crottes de l'âne en brioches. (résumé rapide)
Pas de brioches chez nous, donc, mais des bonbons ronds en chocolat qui guident mes enfants pour retrouver, à travers la maison (il pleut, ne l'oublions pas, le chocolat n'aime pas trop) un âne en peluche caché.
Après un goûter très chocolaté, fabrication de photophores.
C'est simple mais très agréable, rien de bien original mais les enfants aiment beaucoup cette légende et la recherche de l'âne est un grand moment, même M. suit la piste (et petit N. mange les bonbons en chocolat à mesure qu'il les trouve, il ne faudrait pas faire attendre son bidon, m'enfin ... )
le photophore de M. et papa
le bougeoir/photophore des garçons
le photophore de F.
mercredi 19 novembre 2014
Des livres # 2
A l'approche des fêtes, certains cherchent désespérément une idée de cadeau à offrir. Et quoi de plus personnel qu'un joli livre choisi avec soin ? (mis à part les cadeaux fait main, mais je ne suis pas très manuelle personnellement).
A la maison, il y aura de nombreux livres sous le sapin : bandes dessinés, albums, imagiers, petit roman ... Mais chut, pour l'instant ils dorment sous une fine couche de papier cadeau (ou pas, je n'ai pas terminé les emballages, pfff ... )
Voici une sélection de dix livres que j'aime beaucoup. Il y a de toutes sortes, pour tous les âges, ils ont été testé, retestés, dévorés ou simplement machouillés par mes enfants.
"Badaboum le lion", Edouard Manceau - un livre que petit N. aime beaucoup, une petite histoire toute simple mais drôle et joliment illustrée. D'autres livres de la collection viendront surement enrichir notre bibliothèque vite vite ...
"Petite main, petit pouce", Martine Perrin - Un livre cartonné qui dicte des gestes, pose des questions : on s'amuse beaucoup. M. l'adorait il y a deux ans, et petit N. l'a découvert il y a quelques semaines et le réclame chaque jour.
"Les animaux de la ferme", Françoise Delebecque, un classique très solide malgré les nombreux rabats. Les photos sont belles, les angles de prise de vue parfois étonnants, mettant en avant une patte, un nez ... Les autres livres de cette collection (véhicules, légumes ...) me font de l'oeil depuis un petit moment déjà.
"La maman des poissons", Lucie Albon - l'histoire d'une dame poisson qui va bientôt être maman et voudrait protéger ses oeufs. Elle fait le tour de ses connaissances pour voir comment font les autres mamans avant d'aller, tout simplement, demander à la sienne.
"Féerie de l'hiver", Roxane Marie Galliez, Cathy Delanssay - de très belles images, un univers doux et magique.
"L'eau dans le monde", Milan - les photos sont vraiment magnifiques et parlantes, les textes sont courts, les pages très solides, une carte en début de livre permet de situer chaque scène, les sujets sont variés : l'eau en cuisine, en agriculture, l'eau et l'hygiène, l'eau et la religion etc ... Je conseille également les autres livres de cette belle collection, à la maison nous en avons plusieurs et les enfants aiment beaucoup.
"Ma jungle", Antoine Guillioppé - une page noire, une page blanche, un livre très fragile, tout en dentelle.
"La fête de la tomate", Satomi Ichikawa - une petite fille demande à son papa d'acheter un petit plan de tomate fragile, bradé à l'entrée d'un magasin. Elle en prend soin, le voit grandir, le plante ... J'aime beaucoup les livres de Satomi Ichikawa en général, et celui-ci est une vraie perle.
"Les animaux du monde", Milan jeunesse - un atlas qui classe les animaux par continents et explique les lieux de vie, les espèces en danger. Pour chaque continent, une page de présentation générale, puis derrière le calque 25 animaux à trouver. Suit une double page qui présente un lieu de vie spécifique : la savane, la forêt amazonienne ... (petite dédicace à Céline, si tu passes par là voilà quelques pages pour te faire une idée plus précise :-) ) Dans cette collection, j'aime nettement moins "Mon premier tour du monde".
"Des larmes aux rires", Claire d'Harcourt - une véritable coup de coeur pour toute la famille. C'est un livre assez gros (91 pages), qui nous a occupé plus d'un mois au printemps dernier. Chaque jour je montrais une double page aux enfants en cachant le titre et ils devaient deviner quelle émotion était représentée. De quoi apprendre à nommer des émotions, des ressentis, imaginer une scène, observer différents supports artistiques et les expliquer (chaque oeuvre est commentée à la fin des chapitres). Un livre un peu cher mais grand, de bonne qualité, très riche, que vraiment je conseille pour tous les âges, même mon mari participait parfois à nos devinettes journalières. Petit N. a découvert ce livre il y a quelques semaines et le feuillette souvent.
Inscription à :
Articles (Atom)




























































