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lundi 14 mars 2016

Entre mes garçons

Mon grand A. est né il y a presque 10 ans !!! Que le temps passe vite ... et que de changements ...
Mon petit N. est né il y a presque 3 ans. Entre mes deux mecs, un gouffre, des années où j'ai lu, où j'ai découvert internet, où j'ai appris à me faire confiance.

Bien sûr, lors de ma première grossesse, je me suis renseignée.
J'ai étudié la question un minimum.
Si tant est que je puisse faire quelque chose sans m'y investir à fond ...
Mais il s'agissait de livres, de magasines grand public. Je trouvais cela essentiel, et en même temps je ne me reconnaissais pas forcément.
Chaque bébé est unique, il est ridicule de faire des guides complets à l'usage des parents sans inclure cette "légère" variable. Il est inutile d'apprendre par coeur ce genre d'articles en pensant pouvoir l'appliquer à la lettre. Un bébé est avant tout une personne. L'essentiel, la première de toutes les choses dans laquelle s'investir, est donc : faire connaissance !!! Se découvrir, apprendre à se comprendre, à vivre ensemble. Sans pression et sans se sentir coupable de ne pas allaiter ou de ne pas avoir les moyens de payer le dernier yoopala à la mode (d'autant que, franchement, le yoopala ... )

Je vais tenter de faire deux tops 5 : celui des choses inutiles que j'ai acheté pour mon grand A. et celui des choses géniales qui j'ai utilisé pour mon petit N. (et éventuellement pour les filles aussi). Tadam ...

Top 5 des choses inutiles que j'ai acheté pour faire "comme dans les magasines" (en 2006)

1 - le transat de bain
Nous l'avons utilisé une fois !!! Mon bébé était très mal dedans, il ne pouvait pas se laisser bercer par le léger mouvement de l'eau. Il se sentait serré et exprimait son mécontentement très très fort. Je ne comprend absolument pas à quoi peut servir ce machin. C'est tellement magique de tenir son bébé et de le balancer doucement dans la baignoire.

2 - le yoopala ( j'avoue, je ne l'ai pas acheté, mais le principe est le même)
No comment ... J'étais jeune, je voyais des yoopalas chez tout le monde, je trouvais ça normal. Mon bébé l'aimait bien, ce n'est pas le souci. Mais je vous invite à lire cet article, et le blog de manière générale, qui m'a vraiment beaucoup appris quand j'ai commencé à m'intéresser à la motricité libre.



3 - le body qui s'enfile par la tête en taille naissance
J'ai une excuse : il était trooooooop beau !!! Mais à la maternité, j'ai vite déchanté. Un body qui s'enfile par la tête, quand un bébé ne tient pas sa tête, a froid en sortant du bain et a envie de gestes tout doux, ce n'est vraiment pas l'idéal. Qu'on se le dise ;-)

4 - Les jouets trop nombreux, trop colorés, trop bruyants
Un bébé n'a pas besoin de technologie de pointe. Un hochet tout simple l'amusera tout autant qu'un machin à piles aux couleurs criardes et moches.Un espace sobre, bien pensé et aménagé, est plus agréable qu'un parc surchargé où il est impossible de faire un pas sans rencontrer un jouet.



5 - Un mouche-bébé électronique
Clairement, on n'a jamais su l'utiliser. On a toujours mouché nos bébés au sérum phy, ce n'est pas très agréable mais ça marche bien.

Top 5 de mes coups de coeurs dont mon petit N. a pu bénéficier contrairement à son grand frère

1 - L'écharpe de portage et le porte-bébé taï
Et sniffer à volonté la tête de mon bébé !!! Il n'y a pas de mot, pas de comparaison avec le baby-björn que j'avais acheté en 2006. Si j'avais pu connaître ça pour tous ...

2 - La tripp trapp
A la maison, nous en avons trois. Chaque chaise est réglée selon la taille des enfants, ils sont bien installés, pieds à plat, hauteur d'assise parfaite. Je suis fan !!!






3 - Un petit nido
Un matelas, un miroir, un crochet pour changer de mobile de temps en temps, quelques jouets beaux et agréables à toucher ... bébé doit pouvoir bouger et explorer, en toute liberté et en sécurité. Nous n'avons utilisé le transat que lors des premiers repas, et éventuellement lors de courtes séances avec les bibs pour faciliter la digestion.
(Les jouets présents en fond sont parfois ceux de Plume.)








4 - Un matelas posé au sol dans sa chambre
Pour se lever quand il le souhaite, se coucher quand il le souhaite, et ne pas hurler de frustration parce que doudou est tombé par terre et qu'il lui est impossible de l'attraper.

5 - Des livres et des sites inspirants qui m'ont vraiment parlés
et si je dois sélectionner mes préférés, je dirais :





J'aimerais avoir vos avis, sans jugement, juste pour le partage.
Vos tops et vos flops.
Tout le monde évolue, apprend, se trompe. L'essentiel est de savoir se remettre en question, d'être toujours curieux et d'accueillir de manière ouverte les nouvelles idées. Non ?

jeudi 31 décembre 2015

Bonne année !!!

2015 s'achève, et, comme chaque année, j'aime dresser un petit bilan et prendre quelques résolutions pour la suite. Cela ne signifie pas que j'attend le 1er janvier pour modifier certaines habitudes qui ne me conviennent pas, mais que ces "résolutions" seront le fil conducteur de mon année future :-)



En 2015, j'avais pour projets :

Passer de beaux moments avec mon appareil photo. Clairement, ça a été le cas, même si ces derniers mois j'ai eu moins de temps et d'envie.

Découvrir Filliozat (à approfondir, je n'ai lu qu'un de ses livres), Arno Stern (merci Céline !!!), Reggio (le manque de documentation en français est un vrai handicap) et Charlotte Mason (un énorme coup de coeur, j'y reviendrai)

Faire une cuisine plus saine, bonne et équilibrée, et éviter le micro-ondes. Concernant le micro-ondes, je suis fière de nous car son utilisation se limite à une décongélation rapide de temps en temps, une fois par mois environ. Mes menus me plaisent mais les enfants ont été souvent malades cet automne, je pense que je peux faire davantage pour lutter contre les rhumes et les petits virus qui traînent. A approfondir donc ;-)

J'ai beaucoup délaissé le potager cet été : le manque d'eau a été dur à gérer pour mes petits légumes, et j'ai passé de longues heures à préparer le CE1 de Fleur. Mais je compte bien m'y remettre dès février !!!


Escalade (rien rien rien, dommage ...), rollers (de beaux moments en famille, tout le monde a bien glissé, c'était vraiment top), gym (je m'y tiens, malgré quelques pauses)

Parler calmement, en exprimant clairement mes attentes, et poursuivre mes efforts pour ne plus crier ... il y a encore du travail mais je suis contente de moi :-)

Eviter le gaspillage, désencombrer ... hum ... je suis mitigée sur ces points là. Nous gaspillons moins de nourriture puisque je fais mes menus à la semaine depuis plusieurs mois. Je désencombre peu mais régulièrement, sans pour autant constater de résultats incroyables. Et surtout : je n'aime pas le poids de nos poubelles !!!

Profiter de ma famille et de mes amis :-) Aux quelques-uns qui ont l'adresse de ce blog et qui passent par là, je vous aime fort fort fort, vous êtes vraiment extraordinaires et je suis fière de faire partie de vos petits univers !!!

Faire de nouvelles rencontres :-)

Rire beaucoup. Oui ? Non ? On ne rit jamais assez je crois mais le bilan est quand même très positif. Hi ! Hi!



Et pour 2016 alors ?

Arriver à faire un gâteau roulé (je n'ai jamais essayé)

Acheter un casque pour le ski

Lire "Permaculture" de Perrine et Charles Hervé-Gruyer

Initier davantage mes enfants au don et au bénévolat, c'est important qu'ils aient conscience de leur chance et qu'ils comprennent que c'est par des petits gestes qu'à leur échelle ils peuvent changer bien des choses.

Remarquer les petits changements autour de moi, complimenter, être positive. Les petits détails agréables, les gentilles attentions, je veux les mettre en lumière. Mon grand garçon qui m'aide tant mérite plus qu'un "merci", il mérite un "Tu m'as vraiment bien aidé quand on était si pressés, je ne t'ai rien demandé et pourtant tu as trouvé seul comment me faciliter les choses et me soulager, ça m'a vraiment fait du bien !!!".
Dans la vie de tous les jours, je ne dis pas assez ce que je vois : une nouvelle coiffure, une personne très investie qui fait un travail remarquable, une autre qui a un jardin magnifique ... Dire aux autres ce que je trouve beau, en restant sincère, sans forcer dans le compliment, c'est distribuer autour de moi des petits bouquets de fleurs. Je veux être entourée de gens heureux, et contribuer à leur bonne humeur du jour :-)

Faire un créneau en voiture (hum ... )

Voir "Etre et devenir" en DVD



Arrêter de m'excuser et de me justifier tout le temps. Honnêtement, je ne faisais pas attention, d'autant que je sentais bien que je gagnais en confiance en moi. Et puis un jour, l'assistante sociale du CAMSP (qui est une vraie perle) m'a conseillé de me faire davantage confiance, de mieux assumer mes décisions. Sur le moment, je n'ai pas bien compris. Et puis j'ai réalisé, petit à petit, que j'employais des "je suis désolée" à tout bout de champ, même quand ce n'était pas vrai, même quand je savais que la personne en face était dans son tort. J'ai réalisé que je me justifiais sans cesse, même quand c'était inutile, même quand on me disait les choses en riant. J'ai réalisé que je cherchais toujours l'approbation des autres, que je cherchais toujours à paraître gentille et serviable, quite à passer pour la "trop gentille" qui s'excuse sans raison.

Tenir un journal

Faire pousser des vrais poireaux, plus épais qu'un crayon à papier !!!

Montrer plus que jamais la paix à mes bébés, la tolérance et le respect.

Retomber en enfance, souvent. Cet été, un jour où j'étais au bord de l'eau avec mes enfants, j'ai réalisé que, par habitude, je m'asseyais en retrait pour les observer, les surveiller, tout en feuilletant un livre ou en prenant des photos. J'avoue : faire des châteaux de sable, des batailles d'eau, creuser le sable jusqu'à trouver l'eau, j'adore ça !!! Mais, puisque je suis adulte, j'agissais instinctivement en "adulte" (cqfd ...).
Je crois que personne n'a oublié l'enfant qui est en lui. Je crois que vivre au contact des enfants est une chance énorme pour retrouver cette fraîcheur et cette spontanéité propre à ceux qui ne se soucient pas de paraître "corrects". Je sais que, même si j'aime prendre des photos et feuilleter des magasines, j'aime aussi me battre en duel avec mon grand à coups de rouleaux de papier cadeau ...

Réussir le Rubik's cube, grrrrr !!!

Découvrir de nouveaux thés

Et bien sûr, reprendre mes souhaits de 2015 et poursuivre mes efforts pour devenir meilleure :-)

Bonne année 2016 à toutes et à tous, n'oubliez pas de prendre le temps et d'être heureux !!!

dimanche 20 septembre 2015

Trois semaines plus tard

Petit à petit, je découvre ma fille.
Je découvre à quel point nous avons eu raison de l'éloigner de l'école, de la laisser souffler un peu, de lui permettre de dessiner autant qu'elle le souhaite.



Fleur manque de confiance en elle. A un point que je n'imaginais même pas. Ma petite sauterelle, si joyeuse, si rêveuse, si curieuse, vit très mal l'échec et se braque à la moindre erreur. Alors qu'elle réussit brillamment un exercice de grammaire, que je suis moi-même étonnée par sa facilité à comprendre des cartes de géographie ou à compléter rapidement son fichier de maths, elle ne voit que l'erreur et bloque. Elle crie, ou pleure, ou refuse de continuer. Il me faut alors parler, consoler, encourager, tout en respectant cette frustration que je peux comprendre même si, moi-même, j'admire son travail !!!

Mon plus grand but, cette année, est de lui redonner confiance en elle. Cela fait des mois que j'y réfléchis. Je dois éviter de la mettre en échec, lui prouver qu'elle brille, et surtout qu'une erreur est un tremplin pour plus de connaissances et de stratégies. Tout le monde se trompe, moi-même je ne me sens pas gênée de prendre un dictionnaire en sa présence pour vérifier une orthographe, d'avouer que j'ai oublié un "s" à la fin d'un mot au pluriel.

C'est dans ma manière de faire qu'elle va trouver les pistes pour faire elle-même. Seule. A sa manière bien sûr, mais d'après une influence qui se doit d'être humble et bienveillante. Persévérante et passionnée.

Après trois semaines d'école, le bilan est très positif. Nous nous amusons bien, nous prenons nos marques et nous ajustons ce que j'avais prévu à ce que nous vivons au quotidien. Fleur est très enthousiaste, curieuse et concentrée.

Je peux donc utiliser mon temps libre et mon énergie à remettre en question mon attitude, à tenter de trouver la bonne manière de présenter l'erreur, à observer ma fille et à voir apparaître, de plus en plus, ce petit sourire empli de fierté qui est notre plus grande réussite. Qu'il est beau, ce sourire !!!






( Petit centre de table durant le goûter : mélange des couleurs et capillarité. Compter 20 minutes environ pour de petites verrines. L'expérience est terminée quand les couleurs sont au même niveau. Il serait évidemment plus logique de disposer six verrines en cercle, mais je voulais que chaque couleur soit bien visible et éclairée par la lumière du Soleil. Je pense que nous tenterons cette disposition une prochaine fois.)

mardi 14 avril 2015

Langage des signes

Quand Plume avait deux ans, elle a pris, tout doucement, le chemin de la continence. Trois ans plus tard, nous en sommes au même point : elle sait se retenir mais demande rarement ; à nous de penser à la mettre aux wc, sans quoi c'est la fuite assurée. Là n'est pas la question ...

Quand Plume avait deux ans, donc, elle a pris, tout doucement, le chemin de la continence. Elle ne parlait pas et ne pouvait demander le pot. J'ai testé des signes, ou des sons, qu'elle pourrait utiliser pour se faire comprendre, sans rien trouver de concluant (et pour cause ... je cherche encore !!!). L'orthophoniste m'a alors parlé du langage des signes, et je dois dire que cette découverte a été une révélation dans notre manière de vivre le handicap.

Si les signes n'ont pas été bien efficaces pour annoncer une envie pressante, ils ont permis à ma fille, à son rythme, de participer davantage à nos conversations, d'entrer en relation avec son entourage autrement que par le regard et le baragouinage, de partager ce qu'elle voyait.


Je crois que le premier signe retenu et utilisé à été "encore", puis ont suivi très rapidement "dormir", "livre, "musique", "chaussures", "se laver", "se laver les dents", "boire", "manger", "maison", "jardin", "école", "écouter", "pleurer", "bobo", "médicament", "merci", "pardon", "même", "fini" ... une explosion de signes qui ont donné à ma plume, et à toute la famille, des moyens de se comprendre, de demander, d'aider.

Nous avons tous, au fil des mois, étoffé notre vocabulaire en ajoutant les animaux, les véhicules etc ... A quatre ans, Plume connaissait plus de 40 signes !!!

Lorsqu'elle avait trois ans, Plume a manifesté un grand intérêt pour les couleurs. Je connais les périodes sensibles de Maria Montessori mais je me suis posé de nombreuses questions. N'est-ce pas un peu tôt ? N'est-ce pas un peu compliqué, tous ces signes si différents ? De nombreux signes, les animaux par exemple, sont assez faciles à retenir : les oreilles pour le lapin, les moustaches pour le chat ... Les couleurs sont moins imagées, plus abstraites.
Devant l'insistance de Plume, et les encouragements de l'orthophoniste je me suis lancée. Nous avons commencé par les trois couleurs primaires, tranquillement, puis nous avons enchaîné au fur et à mesure. Le succès a été énorme : ma fille signait des couleurs à longueur de journée pour nous décrire ce qu'elle voyait.


Quand elle est entrée à l'école, l'instit et l'AVS ont pris le temps d'apprendre quelques signes, dont les couleurs. L'orthophoniste et la psychomotricienne ont également utilisé ces signes durant les séances hebdomadaires. Mon bébé a vu tout son entourage l'aider et l'accompagner dans la voie qu'elle avait choisi seule : découvrir les couleurs sans parvenir à articuler correctement.
Je trouve cet élan magnifique. Le handicap, ça devrait toujours être ça : trouver, souvent, des solutions différentes, et voir notre entourage nous suivre, nous encourager, offrir à notre enfant des lieux où il se sent bien même à l'extérieur du cocon familial.

Tout n'a pas été rose, bien sûr. Certains n'ont pas compris, ont pensé que ces efforts étaient inutiles, allaient la retarder dans l'acquisition de la parole. Sur quels critères se base t-on pour juger un effort "inutile" ? Voir ma fille heureuse de nous signer "encore" (et éviter une énorme frustration), épanouie de signer "jaune" quand elle voit arriver la voiture du facteur (et se sentir comprise), soulagée de participer à la vie de groupe en utilisant "pardon" ou "merci" même avec ses copains d'école, est-ce des efforts inutiles ? Aurait-on dû attendre deux ans sous prétexte qu'il est difficile de prononcer "orange" et tant pis si l'envie est passée à ce moment là ?



La suite est logique : ma fille a commencé à inventer les signes dont elle avait besoin et qu'elle ne connaissait pas : "vomi" par exemple (je sais, ce n'est pas très glamour, mais ça nous a été bien utile) et les enfants ont chacun imaginé un signe pour leur prénom. Petit à petit, elle a associé des mots à ses signes ( "merci" par exemple ) puis quand elle a vu que nous comprenions parfaitement ses "mots", elle a, petit à petit, laissé tomber les signes, et nous aussi. Aujourd'hui, elle en utilise quelques uns, par réflexe je pense, mais jamais sans parole associée.

Cette parenthèse dans notre vie n'aura duré que deux ans, mais je ne regrette absolument pas ces efforts pour "si peu".
   - deux ans, pour une petite fille curieuse qui veut communiquer, c'est énorme.
   - deux ans, dans la vie d'une famille qui doit subir les cris de frustration quotidiens d'une demoiselle en colère, c'est énorme aussi.
   - deux ans, cela inclut la naissance de petit N. qui a baigné dans les signes depuis la naissance et a su, très tôt, nous indiquer ses besoins : "encore, "dodo" etc ...
  - et puis, finalement, ces signes nous servent encore aujourd'hui : nous les utilisons pour communiquer de loin quand nous sommes séparés durant une fête, quand le bruit est trop fort pour s'entendre, quand nous voulons passer un message à nos enfants qui jouent avec leurs copains : "met ta casquette", "on s'en va", "stop, ne mange pas autant de bonbons".

Pour plus de renseignements, je vous conseille ce livre, qui présente la langue des signes en 40 pages puis illustre de nombreux signes. Il existe aussi en DVD, je suppose que l'apprentissage doit être facilité mais je n'ai pas testé.



mardi 17 mars 2015

Ces réflexes qui ont la vie dure ...

Samedi, grand A. a coincé les doigts de Plume : il a fermé la porte sur ses petits doigts et elle a eu très mal. Vraiment très mal. A tel point que nous, adultes, nous sommes précipités pour la consoler, lui passer la main sous l'eau, vérifier que rien n'était cassé. Ouf, plus de peur que de mal pour la demoiselle !!!

Bien sûr, grand A. n'a pas fait exprès. Bien sûr, il n'a pas été puni. Bien sûr, je ne lui ai pas fait la leçon : je crois que voir sa soeur hurler ainsi a été suffisant.
Mais ce que j'ai fait est tout aussi terrible : je l'ai agressé. Lui qui se tenait en retrait, sans chercher à consoler, à aider sa petite soeur, je lui ai imposé " tu pourrais quand même venir t'excuser, voir comment elle va !!!". J'ai accusé mon fils d'être insensible alors que, figé dans son coin, il était certainement tout sauf ça. Je ne l'ai pas regardé, toute occupée, à soigner sa soeur, mais je me suis sentie en droit de juger son comportement, de lui dicter ce qu'il devait faire ...

Grand A. est venu, il a dit pardon, il a fait un petit bisou. Cinq minutes plus tard il était  infernal, sautait partout, criait quand il n'était pas d'accord, s'ennervait pour un rien. Nous n'étions pas seuls, j'étais certainement un peu distraite, je n'ai pas fait le rapprochement avec la blessure de Plume.

Au moment, de passer à table, devant son refus et son obstination, je l'ai entraîné à l'écart (chose que j'aurais du faire une heure avant, je regrette).
Je lui ai demandé, calmement, de m'expliquer d'où venait cette attitude, de me dire ce qui n'allait pas. "J'ai l'impression que tout le monde m'en veut d'avoir fait mal à ma soeur". Nous avions réagi à son attitude (il sautait, criait ...) sans penser à autre chose qu'à ramener le calme. Nous avions réagi aux symptômes sans en chercher la cause !!! Lui s'est senti accusé, harcelé peut-être, incompris, et, dans son corps, cela a pris des proportions énormes : au bout d'un moment, il ne se contrôlait plus.

Nous avons parlé, j'ai essayé de mettre des mots sur ce qu'il n'arrivait pas à formuler et il me disait si j'avais raison ou non. Quand j'ai dit "tu aurais voulu qu'on comprenne que toi aussi tu n'allais pas bien" il a éclaté en sanglots. Ces sanglots libérateurs qui ne demandaient qu'à sortir, depuis une heure déjà.
Bien sûr qu'il était désolé, bien sûr qu'il se sentait coupable, bien sûr qu'il n'allait pas bien et avait besoin de soutien lui aussi. Comment ai-je pu ne pas le voir ? Comment ai-je pu discuter tranquillement avec les autres adultes sans me demander pourquoi mon grand était si difficile tout d'un coup ? Et surtout : comment ai-je pu croire, même quelques secondes, que mon enfant était froid et insensible ?

J'ai confiance en mon grand bébé, il sait toujours s'excuser et trouver les bons mots, spontanément, même une heure après, même le lendemain. Quand il se sent coupable, il attend d'être prêt et engage la discussion de lui même, n'est pas gêné de dire pardon et ne considère pas cela comme une humiliation.
Et moi, je lui ai imposé des excuses là, tout de suite, devant tout le monde, même s'il n'était pas prêt. Même s'il était choqué et avait besoin d'un peu d'attention. D'un "On a eu très peur mais finalement ta soeur va bien".

Je me suis excusée, bien entendu. Sincèrement. Et j'ai vu du soulagement dans son regard. Puis il s'est mis à table, calme et apaisé.

La violence envers les enfants, ce n'est pas seulement une grosse claque ou une insulte. C'est parfois aussi ces petites attentions que l'on n'a pas, ces petites phrases qui piquent très fort, ces appels au secours que l'on considère comme des provocations, ces couches que l'on change sans un regard pour bébé, ces élans de jeux que l'on casse sans avoir prévenu à l'avance pour un bain, un départ à l'école, un repas qui doit être pris à l'heure.

Un enfant a besoin de respect, de sécurité, de confiance et d'amour inconditionnel. Et le meilleur moyen de lui apprendre à dire pardon, c'est de savoir s'excuser soi même. Pardon mon grand bébé ...

lundi 26 janvier 2015