lundi 30 mars 2015

Et de deux !!!

Quatre jours après Plume, voilà mon petit bébé qui grandit. Deux ans déjà ma cacahuète ...

Cet anniversaire, il l'attendait avec impatience : on avait chanté pour sa soeur, il voulait sa chanson et ses bougies. Et un gâteau au chocolat, bien sûr.

Deux ans donc.


Un petit garçon très autonome, qui demande rarement de l'aide et trouve seul ses solutions. A tel point que lorsqu'il veut sortir, il met ses chaussures et ouvre la porte ...

Un petit garçon qui préfère les carottes à la quiche et mange volontiers sa soupe de légumes. Pourvu que sa dure ...

Un petit garçon qui sort de la varicelle sans avoir eu de fièvre, sans avoir vomi, sans avoir eu de boutons moches. Je suis très étonnée, pour les filles, ça a été une autre histoire ...


Un petit garçon qui dit ce qu'il veut et ce qu'il ne veut pas. Fermement. Il a deux ans. Ceci explique cela ... Mais il sait aussi nous faire confiance, écoute nos explications et accepte d'attendre un peu, il sait qu'on l'a entendu.

Un petit garçon joyeux et bavard qui aime découvrir le monde et s'attache beaucoup aux gens. Un peu sauvageon au premier abord mais très démonstratif par la suite. Très câlin. Un amour de bébé mon petit N.

Un petit garçon fan de véhicules, de livres et de poupées. Il a d'ailleurs reçu pour ses deux ans un livre, un gros camion bruder et un joli poupon corolle. Non je n'ai pas peur que mon fils devienne ... un bon père ?


Un petit garçon qui s'assoit souvent sur le pot et le laisse immanquablement propre. Nickel. Pas une seule goutte. Et pourtant on y passe du temps. On révise les comptines pour enfants. On discute. On lit.

Un petit garçon qui imite beaucoup et retient tout. Parfois, lorsque je cherche un mot simple pour lui décrire un objet, lui me donne le terme exact. Ce n'est pas une voiture, c'est une kangoo jaune, ou une 4L bleue. Pour petit N. , ce n'est pas juste un camion, c'est un gros camion rouge, un camion poubelle blanc. Faudrait pas le prendre pour un bébé quand même ... M'enfin maman !!!

Un petit garçon qui saute partout, escalade, met les mains dans le orties sans grimacer (!!!) et dévale les pentes en porteur en maîtrisant sa vitesse et en s'arrêtant de lui même s'il se sent en danger.

Un petit garçon qui a complété parfaitement notre famille.


vendredi 27 mars 2015

Cinq ans !!!

Quand je parle de ma Plume sur ce blog, mes messages renvoient souvent au handicap. J'en suis consciente : qu'il s'agisse de partager des petits exercices simples à réaliser pour stimuler des compétences précises, de réfléchir sur différents aspects du handicap, de décrire la vie quotidienne avec un enfant différent, je reviens sans cesse à la trisomie 21.

Pourtant, dans la vie de tous les jours, cette différence n'existe pas. Elle fait partie d'un tout, qui est ma fille. Si je devais créer un bracelet pour représenter ma Plume, il y aurait une perle pour la gourmandise, une perle pour la tendresse, une perle pour le sourire, une perle pour l'empathie, une perle pour la ténacité, une perle pour la curiosité, une perle pour la joie de vivre, une perle pour la la fatigabilité, une perle pour l'hypotonie, une perle pour la sociabilité, une perle pour la douceur de ses gestes, une perle pour son langage simple mais efficace etc ... Et le fermoir serait l'amour, pas le handicap.



Souvent, quand les docteurs, les professionnels de l'éducation, les connus et les inconnus décrivent mon bébé, ils le font en étiquetant "handicapée". Elle est têtue parce que ... Elle est fatiguée parce que ... Elle n'est pas concentrée parce que ...
Parfois, ça tombe juste. Et parfois non. Elle est têtue aujourd'hui parce qu'elle n'a pas envie de rentrer et veut jouer dans le jardin. C'est tout. Elle est fatiguée aujourd'hui parce que hier soir elle n'arrivait pas à s'endormir. C'est tout. Elle n'est pas concentrée parce qu'elle écoute les deux grands qui rient et a envie de les rejoindre. C'est tout.

Cette étiquette, je ne veux pas l'avoir en tête. Jamais. Ma fille est unique, comme tous mes enfants, et lorsqu'elle semble fatiguée, j'agis en fonction sans me dire "pauvre petite handicapée". Cette étiquette, c'est celle des professionnels, elle leur sert à faire des bilans et c'est très bien. Moi, je ne veux pas connaître leur "grille de lecture".

Plume a cinq ans aujourd'hui.

Elle aime faire des blagues et s'autoproclame "coquine" quand on s'en amuse.
Elle a peur des mouches ce qui est assez embêtant dans la vie quotidienne.
Elle adore le chocolat et j'ajoute toujours quelques pépites dans mes gâteaux sinon elle ne goûte même pas.
Elle est transportée par la musique, bouge, plane, et se déconnecte complètement de nous.
Elle est terrorisée par le vent lorsqu'il souffle en bourrasques.
Elle imite très bien le loup.
Elle déteste (le mot est encore trop faible) qu'on lui coupe les ongles.
Elle chipe dans l'assiette de son voisin l'air de rien si le contenu lui plait.
Elle dessine avec beaucoup de plaisir et d'application.
Elle joue beaucoup au docteur ces derniers temps, se déguise souvent et cuisine de bons gâteaux en duplos.
Elle fait rarement la sieste.
Elle a baptisée sa poupée préférée "Neige".
Elle connait certaines lettres et compte jusqu'à trois.
Elle commence à nous décrire ses matinées de classe et c'est un plaisir de l'écouter (même si on ne comprend pas tout).
Elle refuse qu'on lui coupe la parole et sait très bien le faire savoir.
Elle a planté tellement de graines dans son petit jardin que d'ici quelques semaines, ce sera la forêt amazonienne, les araignées en moins (ou pas).
Elle est maniaque au delà du possible et ne mange pas sa tartine tant que la totalité n'est pas recouverte de confiture.



Voilà ma fille.
Elle n'est pas une étiquette, elle est un bracelet de perles multicolores.
Et elle a cinq ans.
Déjà !!!



:-)

lundi 23 mars 2015

"Permis de tricher"

En ce moment, j'ai peu de temps pour bloguer.

Beaucoup de rendez-vous pour les enfants : dentiste, ORL, endocrinologue, généticien et j'en passe.

Un projet d'agrandissement de la maison qui avance bien : contrairement à ce qu'on nous avait annoncé ( 6 mois d'attente) notre demande de permis de construire est revenue positive au bout d'un mois et demi. Nous n'étions pas préparé, bien sûr : nous n'avions pas terminé tous les devis, pas fini de négocier avec les banques, pas libéré l'espace disponible dans le jardin pour le passage des engins ... Beaucoup de travail donc, mais du travail motivant ... on ne va pas se plaindre d'avoir obtenu notre permis plus tôt que prévu n'est ce pas ?

Et puis le soleil nous appelle, nous vivons de moins en moins à l'intérieur, je m'occupe beaucoup du jardin et je perd la notion du temps ...

 




Aujourd'hui, j'ai envie de vous présenter deux jeux de cartes qui plaisent beaucoup à la maison et fonctionnent sur un même thème : la triche !!!
Parce que grâce à eux nous passons de très belles soirées et que nous rions beaucoup.

Pipolo est un jeu de menteur adapté aux petits enfants, à partir de 4 ou 5 ans. Les cartes sont divisées en quatre familles d'animaux : poilu, à plumes, vêtu ou tout nu. Le premier joueur annonce "à plumes" par exemple, et les autres doivent poser, face cachée et chacun leur tour, une carte de la famille demandée. La triche est permise, mais attention à ne pas se faire prendre, sous peine de ramasser toutes les cartes déposées sur la table. Le but du jeu, comme pour le jeu du menteur, est d'être le premier à poser toutes ses cartes.
Les dessins sont simples, frais et drôles, le jeu plait beaucoup à mes deux grands et à Plume pour qui les règles sont un peu simplifiées.




Mito est un peu plus compliqué, à partir de 6 ou 7 ans. Chaque joueur reçoit 8 cartes et doit s'en débarrasser le plus vite possible.
Les cartes sont numérotées de 1 à 5, chaque joueur pose à son tour une carte en fonction des numéros. S'il ne peut rien poser, il pioche.
Certaines cartes entraînent des actions (taper le tas de cartes, piocher etc ... ) qui pimentent le jeu.
De plus, les joueurs peuvent jeter les cartes par dessus leur épaule, les glisser dans leur manche, les cacher sur leurs genoux (une carte à la fois) pour s'en débarrasser plus vite.
Attention toutefois, un des joueurs n'a pas le droit de tricher : il s'agit de la punaise, qui surveille et traque les irrégularités. Le tricheur pris en train de se débarrasser d'une carte devient à son tour punaise, et ne peut pas tricher avant d'avoir surpris quelqu'un.
Bref, un jeu un peu compliqué la première fois mais qui devient vraiment intéressant dès la seconde partie. Nous passons vraiment de bons moments.




Je vous souhaite à tous de belles parties de cartes et un printemps doux, coloré et joyeux, loin des vilaines maladies de l'hiver (en ce moment ici, c'est varicelle pour petit N. pfff ... )

mardi 17 mars 2015

Ces réflexes qui ont la vie dure ...

Samedi, grand A. a coincé les doigts de Plume : il a fermé la porte sur ses petits doigts et elle a eu très mal. Vraiment très mal. A tel point que nous, adultes, nous sommes précipités pour la consoler, lui passer la main sous l'eau, vérifier que rien n'était cassé. Ouf, plus de peur que de mal pour la demoiselle !!!

Bien sûr, grand A. n'a pas fait exprès. Bien sûr, il n'a pas été puni. Bien sûr, je ne lui ai pas fait la leçon : je crois que voir sa soeur hurler ainsi a été suffisant.
Mais ce que j'ai fait est tout aussi terrible : je l'ai agressé. Lui qui se tenait en retrait, sans chercher à consoler, à aider sa petite soeur, je lui ai imposé " tu pourrais quand même venir t'excuser, voir comment elle va !!!". J'ai accusé mon fils d'être insensible alors que, figé dans son coin, il était certainement tout sauf ça. Je ne l'ai pas regardé, toute occupée, à soigner sa soeur, mais je me suis sentie en droit de juger son comportement, de lui dicter ce qu'il devait faire ...

Grand A. est venu, il a dit pardon, il a fait un petit bisou. Cinq minutes plus tard il était  infernal, sautait partout, criait quand il n'était pas d'accord, s'ennervait pour un rien. Nous n'étions pas seuls, j'étais certainement un peu distraite, je n'ai pas fait le rapprochement avec la blessure de Plume.

Au moment, de passer à table, devant son refus et son obstination, je l'ai entraîné à l'écart (chose que j'aurais du faire une heure avant, je regrette).
Je lui ai demandé, calmement, de m'expliquer d'où venait cette attitude, de me dire ce qui n'allait pas. "J'ai l'impression que tout le monde m'en veut d'avoir fait mal à ma soeur". Nous avions réagi à son attitude (il sautait, criait ...) sans penser à autre chose qu'à ramener le calme. Nous avions réagi aux symptômes sans en chercher la cause !!! Lui s'est senti accusé, harcelé peut-être, incompris, et, dans son corps, cela a pris des proportions énormes : au bout d'un moment, il ne se contrôlait plus.

Nous avons parlé, j'ai essayé de mettre des mots sur ce qu'il n'arrivait pas à formuler et il me disait si j'avais raison ou non. Quand j'ai dit "tu aurais voulu qu'on comprenne que toi aussi tu n'allais pas bien" il a éclaté en sanglots. Ces sanglots libérateurs qui ne demandaient qu'à sortir, depuis une heure déjà.
Bien sûr qu'il était désolé, bien sûr qu'il se sentait coupable, bien sûr qu'il n'allait pas bien et avait besoin de soutien lui aussi. Comment ai-je pu ne pas le voir ? Comment ai-je pu discuter tranquillement avec les autres adultes sans me demander pourquoi mon grand était si difficile tout d'un coup ? Et surtout : comment ai-je pu croire, même quelques secondes, que mon enfant était froid et insensible ?

J'ai confiance en mon grand bébé, il sait toujours s'excuser et trouver les bons mots, spontanément, même une heure après, même le lendemain. Quand il se sent coupable, il attend d'être prêt et engage la discussion de lui même, n'est pas gêné de dire pardon et ne considère pas cela comme une humiliation.
Et moi, je lui ai imposé des excuses là, tout de suite, devant tout le monde, même s'il n'était pas prêt. Même s'il était choqué et avait besoin d'un peu d'attention. D'un "On a eu très peur mais finalement ta soeur va bien".

Je me suis excusée, bien entendu. Sincèrement. Et j'ai vu du soulagement dans son regard. Puis il s'est mis à table, calme et apaisé.

La violence envers les enfants, ce n'est pas seulement une grosse claque ou une insulte. C'est parfois aussi ces petites attentions que l'on n'a pas, ces petites phrases qui piquent très fort, ces appels au secours que l'on considère comme des provocations, ces couches que l'on change sans un regard pour bébé, ces élans de jeux que l'on casse sans avoir prévenu à l'avance pour un bain, un départ à l'école, un repas qui doit être pris à l'heure.

Un enfant a besoin de respect, de sécurité, de confiance et d'amour inconditionnel. Et le meilleur moyen de lui apprendre à dire pardon, c'est de savoir s'excuser soi même. Pardon mon grand bébé ...

mardi 10 mars 2015

Manger plus sain # 2 (boire)


Boire est indispensable à la vie, et pourtant peu de personnes boivent assez d'après les sondages. J'avoue que je ne sais pas toujours quoi en penser : d'une étude à l'autre les professionnels conseillent de boire 1 litre par jour, 2 litres  voire plus.

Le manque d'eau entraîne fatigue, perte de mémoire, sécheresse cutanée, et vieillissement prématuré : notre corps s'empoisonne peu à peu car il élimine mal ses déchets. Il est donc important de bien s'hydrater, même entre les repas.
Faire boire mes enfants est un vrai casse-tête : si les grands comprennent que c'est important et terminent au moins un verre à table, si mon petit N. demande lorsqu'il a soif, même la nuit, je dois souvent forcer un peu Plume et m'assurer qu'elle n'oublie pas.

Hors de question pourtant de recourir aux sodas multicolores : lait le matin, eau durant la journée, éventuellement infusion et jus de fruits. Le coca, c'est pour les anniversaires :-)

Il fut un temps où j'achetais souvent des jus de fruits du commerce. 100% fruits, sans sucres ajoutés. Sans comprendre que ces jus avaient subi des transformations importantes pour être conservés : ils ne contiennent plus de fructose naturel comme les fruits crus et fraîchement pressés. Ils sont donc riches en mauvais sucres même s'il est noté "sans sucres ajoutés" : "le fructose est le meilleur sucre du cerveau et du système nerveux périphérique. Il ne doit pas être cuit ou transformé. Il est absorbé lentement ..." (indice glucidique bas) "... au niveau de la partie haute du système digestif, selon les besoins de l'organisme" (Christine Bouguet-Joyeux). De même, les vitamines, minéraux et antioxydants de ces jus de fruits sont fortement dégradées. Enfin, manger un fruit entier au lieu de le presser permet de conserver ses fibres.

Quant à moi, en plus de l'eau, je bois régulièrement :

   - des tisanes, principalement de la camomille. Il existe un nombre infini de tisanes différentes, chacune apportant son petit plus qui fait du bien. La camomille, par exemple, est digestive, calmante, et aide au sommeil. Le thym est tonique, anti-infectieux, respiratoire, anti-allergique, apaisant, anti-inflallatoire.
J'aime découvrir de nouvelles infusions et connaître leurs propriétés.

   - du thé, le plus souvent du thé vert à la menthe. "Très désaltérant, digeste, tonique et peu excitant, le thé vert est diurétique, et équilibrant par sa richesse en flavanoïdes" (Christine Bouguet-Joyeux). Il aide à l'élimination et à la perte de poids, préviendrait certaines cancers, maladies cardio-vasculaires, et l'ostéoporose. Les documentations à ce sujet sont très nombreuses, aussi je n'approfondis pas ce sujet : personnellement, je bois du thé vert à la menthe parce que j'aime ça.

   - du lait végétal. C'est mon ostéopathe qui m'avait conseillé de tenter durant un mois, pour voir si mes migraines s'estompaient. Au final, c'est l'arrêt du café qui m'a fait le plus de bien je crois, mais j'ai continué à boire du lait végétal, tout en réintroduisant un ou deux fromages blancs par semaine et en ne me privant pas d'emmental. Je ne parle pas ici de mes enfants : eux boivent du lait de vache une fois par jour (+ yaourt).
Le lait de vache n'est pas l'idéal, étant donné que c'est un lait destiné au petit veau de 35 kg, qui va prendre en moyenne 1 kg par jour durant plusieurs mois ; il contient donc d'importants facteurs de croissance qui peuvent causer des soucis de santé. Mais le chèvre et le brebis sont forts, les enfants n'aiment pas. En attendant de me documenter davantage sur les laits végétaux (pas de lait de soja pour les jeunes garçons par exemple, c'est important), ils boivent donc du lait de vache, chauffé dans une casserole sur la plaque de cuisson (modification chimique des protéines du lait au micro-ondes).

   - du bon vin rouge, un verre maximum par jour. Le but est de se faire plaisir tout en se faisant du bien ( 100% de bonus ) pas de dégringoler sous la table.
Le raisin est un fruit très intéressant, riche en polyphénols qui aident à la prévention des maladies dégénératives, des maladies cardio-vasculaires, de l'ostéoporose, des maladies inflammatoires et du vieillissement. Ces polyphénols sont principalement présents dans les pépins, donc difficilement assimilables par notre organisme sous cette forme. Le vin rouge, bio de préférence, est donc LA solution pour profiter des bienfaits des pépins. Il apporte acides aminés essentiels, minéraux, vitamines, a un rôle tonifiant, désinfectant, antioxydant. Bien sûr, il ne faut pas se forcer à boire du vin si on n'aime pas son goût, mais dans le cas contraire il ne faut pas hésiter à en profiter. D'autant qu'avec un seul verre, il y a peu de chance de se mettre à chanter sans raison "le petit bonhomme en mousse" (arf, je vais l'avoir en tête toute la journée maintenant, j'aurais du me taire ... )

Et vous, quelles sont vos boissons préférées ?

 

(photos : octobre 2012, envie de voir la mer ces derniers temps)

mercredi 4 mars 2015

Février au jardin

Imbolc est une fête celte des lumières qui célèbre le retour du soleil, les premiers agneaux, la purification à la fin de l'hiver. Imbolc a lieu le 1er ou le 2 février, elle annonce le retour du printemps et c'est pour moi un jour sacré : je planifie mon futur potager  :-)

Début février, dans mon jardin, il y a :
   - quelques poireaux, carottes et navets
   - des aromates
   - du céleri, du persil, qui ont passé l'hiver ainsi et monteront bientôt en graines
   - des engrais verts, plantés en automne, avoine, lin et vesce essentiellement, quelques épinards et de la luzerne qui reste en place toute l'année, par petits poquets de 10 cm de diamètre environ
   - des adventices (ou "mauvaises herbes" )




Planifier un potager peut s'avérer un vrai casse-tête : j'adore ça !!!

Premièrement, sortir les plans des années précédentes pour s'assurer une bonne rotation des cultures (on ne plante pas trois ans de suite des courges au même endroit, par exemple, mieux vaut donc garder un petit historique des années précédentes)

Ensuite, dresser un bilan de la saison passée : trop de poivrons, pas assez de salades etc ... et noter, plante par plante, les quantités à prévoir : 3 tomates cerises, 4 carrées de radis ... Les enfants font de même pour leur propre jardin : chacun dispose d'une planche de culture de 40 x 120 cm.

Dessiner le futur potager vide puis remplir les "cases" en commençant par les légumes du soleil (aubergines, poivrons, tomates ...), et par ceux qui ont besoin de beaucoup de place (courgettes, rangées de haricots verts ...). Imaginer, anticiper l'ombre portée d'une plante sur une autre et terminer par les oignons, carottes, fleurs ...

Pour terminer, combler les vides :
   - cet espace doit être disponible mi août pour des navets, en attendant je vais planter des laitues par exemple. Attention à ne pas mettre une plante de même famille : le radis est une brassicacée comme le navet : il épuise donc la terre de la même manière, il faut éviter de les enchaîner.
   - les engrais verts sont une vraie richesse pour le potager, mais aussi pour le jardinier. Ils stockent l'azote (à utiliser en paillage par la suite), couvrent rapidement le sol et facilitent ainsi le désherbage, désinfectent (moutarde par exemple), aèrent le sol grâce à leur système racinaire. Attention toutefois : la luzerne s'implante très profondément ce qui est bon pour le sol mais demande plus de travail pour l'arrachage, la moutarde se replante seule assez rapidement si on n'y prend pas gare etc ... De même, il est important de ne pas semer un engrais vert au hasard : la moutarde, pas exemple, appartient elle aussi à la famille des brassicacées, elle ne sera pas plantée avant une culture de choux ou de radis. Les engrais verts, c'est passionnant, mais ça mérite quelques réflexions préalables.



Lorsque mon potager est planifié, c'est parti pour une année supplémentaire de jardinage !!!

   - en février, j'ai acheté des graines : tomates cerises, aubergines, poivrons, oignons, céleri branches : cette année je tente de réaliser moi-même tous mes plants, on verra bien ce que ça donne. Jusqu'à présent je ne me suis pas trop mal débrouillée avec mes courgettes, tomates et salades.

   - en février, nous avons observé les premiers bulbes sortir de terre : crocus et tulipes.

   - mi-février, j'ai réuni de nombreuses bouteilles d'eau et j'ai installé un petit potager à l'intérieur, devant la fenêtre : 10 plants de tomates,  4 céleris et 3 aubergines. Les poivrons suivront mi mars.

   - fin-février, j'ai commencé à désherber et à planter en pleine terre : oignons, ail, radis (attention à la variété en ces mois d'hiver), carottes, pois gourmands, épinards ... Des voiles non tissés seront bientôt installés pour les premières salades et pour protéger les radis et les carottes (une ou deux couches selon la météo, il ne manque qu'à ... les acheter !!!)

   - enfin, en février, nous avons déplacé certains carrés en vu des prochains travaux d'agrandissement de la maison.





Alors, qui a dit qu'en février, le jardinier se repose ?

lundi 2 mars 2015

Peindre

Lorsqu'un bébé commence à dessiner, à peindre, il réalise que son action laisse une trace et prend plaisir à expérimenter ce processus : ce n'est pas le résultat qui compte mais l'action en elle-même. C'est ainsi qu'il barbouille, y met tous ses sens, toute sa concentration : il teste ses gestes, observe le résultat, touche et recommence.


N. , février 2015

Les "Waouh, c'est joli !!!", les "Qu'est-ce que tu dessines de beau ?" , les "Attention, tu en mets sur tes doigts" ne font que le déconcentrer. Je crois que le plus beau cadeau que l'on puisse faire à un enfant qui dessine est de le laisser expérimenter, s'approprier les instruments, sans s'extasier, juger, mais en commentant si l'enfant est demandeur : "tu as dessiné un gros cercle bleu, et j'en vois un plus petit ici", "je trouve cette forme très étrange, on dirait que tu t'es bien amusé à la peindre". Ces descriptions montrent mon intérêt réel pour son activité, sans jugement de valeur, sans attendre de lui un "bon" travail. Un bébé, un petit enfant qui peint n'a pas d'intention, il est tout entier dans le présent : laissons lui cette liberté.





Petit N. aime peindre. Je lui propose une couleur à la fois, qu'il choisit lui-même. Il connait maintenant toutes les couleurs, les nomme sans se tromper et commente tout ce qu'il voit, de la voiture grise sur un parking aux images roses d'un livre. Il forme des cercles, commence à colorier et à tracer des lignes horizontales et verticales. En peinture, une couleur suffit pour laisser des traces, essayer, réessayer, prendre plaisir.
Quand je le sentirai prêt, qu'il aura bien profité de cette longue phase de découverte monochrome, nous passerons à l'étape suivante : le mélange des couleurs. Chaque chose en son temps, je veux que la magie opère, et pour cela il ne faut surtout pas presser les choses.




Il existe de nombreuses manières peindre. On peut varier la position du support : horizontale, verticale. Je projette même de scotcher une feuille sous la table pour peindre à l'envers. On peut proposer des pinceaux, des éponges, des brosses à dents, des chiffons, des brindilles, des cotons tiges. Ou rien du tout. On peut varier les supports : feuille, papier alu, objets 3D, bois, cailloux. On peut même peindre à l'eau sur un support sombre type ardoise. Les propositions sont sans limites, même avec une seule couleur, et les expériences riches et variées.




J'aime observer mes enfants dessiner, voir les évolutions, les commenter et les écouter parler de leurs dessins. Ou pas. Après tout, ils n'ont pas forcément envie de décrire et d'analyser. Ils n'ont peut-être même rien à en dire. Et s'ils n'ont pas cherché à faire un "beau" dessin, mon admiration sans limite devant leur trois lignes rouges va sembler un peu excessive. Va leur mettre la pression pour la fois suivante : est-ce que mon dessin est beau cette fois ? Va leur ôter cette spontanéité qui est si belle et si précieuse.




Enfin, si laisser un petit enfant peindre est source de nombreuses découvertes, il ne faut pas oublier que se laver les mains, nettoyer le matériel, font partie intégrante de l'activité et peuvent être tout autant distrayant que la séance d'art en elle-même !!!


Bonne peinture à tous et merci Céline de me prêter ce livre qui tombe à pic. Je vais vite vite me plonger dedans !!!