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mercredi 27 janvier 2016

Progression en histoire avec Fleur

Durant la première partie de l'année, nous avons travaillé sur le temps. Pendant l'été, Fleur avait encore du mal à se situer dans une journée ou une semaine et je voulais vraiment que tout soit clair pour elle.

1 - dictée à l'adulte : le déroulement de ma journée, en n'oubliant pas de noter le nom de chaque repas.
2 - création d'un emploi du temps de la semaine
3 - création d'un calendrier perpétuel, où sont notés les anniversaires, les fêtes, les changements de saisons
4 - plusieurs séances sur l'heure
5 - en français, nous avons approfondi le vocabulaire chronologique avec des cartes séquentielles, des récits oraux et écrits, et, petit à petit, Fleur a appris à reconnaître un passé, un présent ou un futur sans l'aide de mots outils comme "hier" ou "maintenant".

Fleur a manipulé le globe et observé l'alternance du jour et de la nuit, elle a découpé, elle a demandé les dates d'anniversaire de ses copines pour les noter sur son calendrier, elle a appris à chercher dans un agenda, un calendrier, un emploi du temps ... bref, elle a été active et tout semble clair aujourd'hui dans sa tête.

Durant la seconde partie de l'année, nous avons constaté que le temps passe et fait grandir les enfants :-)

1 - création d'un arbre généalogique
2 - création d'une frise chronologique, celle de la vie de ma fleur, de sa naissance à aujourd'hui
3 - réalisation d'un questionnaire "à 7 ans ..." dans lequel Fleur a choisi dix questions à poser à son entourage : Où habitais-tu à l'âge de 7 ans ? Avec qui ? Quelle était ta matière préférée à l'école ? Quel était ton gâteau préféré ? Que regardais-tu à la télé ? etc ...
Elle a ainsi recueilli 24 réponses, de 7 à 89 ans (et aussi celle de petit N. pour qui la matière préférée est "boire de la camomille en lisant des histoires") et a pu constater des changements importants entre hier et aujourd'hui : beaucoup de familles qui, dans les années 60, vivaient à trois générations dans une même maison, par exemple.





Ces bases posées, je pensais commencer en janvier les grands récits Montessori. J'avoue : je n'ai eu ni le temps ni l'envie de me lancer dans ce long travail de préparation. Un jour peut-être ...

Quoi qu'il en soit, depuis la rentrée de janvier nous visionnons de courtes vidéos (il y en a huit au total) sur la formation de la Terre. J'ai préalablement écrit un petit résumé de chaque épisode, je met "pause" régulièrement, nous expliquons et elle illustre au fur et à mesure de la vidéo.
Ces vidéos ont tellement de succès que mon grand A. ne veut pas les manquer : il nous a demandé de décaler les leçons d'histoire à des horaires où il est présent à la maison. Il est toutefois déçu de ne pas avoir pu observer la naissance du Soleil et aimerait en savoir davantage ... je note ;-)



(la qualité de la photo est vraiment mauvaise, je suis désolée, j'espère que l'on voit assez)

Nous continuerons l'année avec les premiers hommes, l'Egypte antique (qui n'est plus au programme, ni au primaire, ni au collège, quel dommage !!!), la Grèce et Rome. Affaire à suivre, je n'ai pas commencé mes préparations.


mardi 18 août 2015

Apprentissages autonomes

Etrangement (ou pas), ma fille - qui est si réfractaire à l'école, se bloque, refuse de lire et complète ses fiches avec une grande lenteur - se jette sur les livres de la maison à la moindre question, ne s'arrête jamais d'expérimenter, de chercher et de construire. Lorsque nous promenons, c'est toujours elle la dernière, qui se baisse pour toucher le sable, s'arrête pour ramasser un caillou, lève la tête pour observer un arbre. Fleur apprend. Toujours. Dans la joie et souvent dans le silence. C'est son petit monde à elle. Et que c'est beau de la voir vivre !!!

J'aime lire André Stern, John Holt, Bernard Collot ... J'admire les apprentissages autonomes, et ce fantastique élan qui nous pousse à vouloir apprendre, comprendre le monde, en faire partie. Je suis fascinée par cette concentration, cette auto-discipline, ce sérieux dans la recherche, cette passion dans la démarche.
Et pourtant ...
Un an d'école à la maison, c'est court. Je ne me sens pas capable de faire confiance à Fleur au point de la laisser gérer ses apprentissages entièrement. Des temps seront bien sûr mis en place pour des projets, des réalisations, des rêveries. Mais nous suivrons, en parallèle, un programme et des horaires. Tout en sachant s'arrêter quand une mouche* entre dans la classe ...

Quoi qu'il en soit, quand je laisse ma fille libre, que j'interviens le moins possible, ça donne ça :

   - Ce matin, elle a construit un formidable complexe pour les escargots, avec baignade, restauration, mur d'escalade etc ... la structure cinq étoiles des gastéropodes du village !!! Puis elle a observé longuement la vie de ses petits protégés jusqu'à ce que ...

   - ... Une bête inconnue la pique ; elle s'est alors précipitée sur son petit guide des insectes pour découvrir le coupable. Comment un événement détestable peut devenir un joli projet de recherche ... ;-)

   - Avant-hier, jouant dehors comme c'est souvent le cas, elle a ramassé une plume. Curieuse de tester notre nouveau mini-guide, elle est rentrée en analyser la couleur, la longueur (règle à l'appui), et a conclu à une plume de pigeon.


Ensuite, puisqu'avec une plume, on peut écrire, elle a tenté de dessiner "à vide". Bien sûr, la feuille restait blanche ... Ajoutant un peu de peinture, elle est arrivée à tracer des formes, sans grande précision mais avec beaucoup d'application. Voyant qu'elle commençait à se lasser, je lui ai proposé une plume sergent-major. Mais une plume sergent-major dans la peinture, ça ne donne pas grand chose ... Grand A. , qui passait par là et a vite compris le problème, est allé chercher une cartouche d'encre ... Et voilà ma grande Fleur qui, après plusieurs essais mitigés, mais néanmoins formateurs, est arrivée à tracer, à la plume, des signes fins et précis .






   - Et aujourd'hui, qu'a fait ma Fleur dans le jardin ? Elle a rapporté une nouvelle plume, bien sûr. De merle cette fois. Du moins c'est ce qu'elle a conclu.


Et quand bien même elle se tromperait, l'essentiel n'est pas dans le résultat mais dans la démarche : un petit scientifique, comme un grand, tâtonne, se trompe, recommence.
Pour l'accompagner, je dois intervenir très peu, de manière réfléchie et sans m'imposer. Je dois surtout veiller à ce que notre maison soit bien pourvue en documentations diverses et variées, à ce que les expériences de mes enfants soient considérées avec le sérieux qu'elles méritent, à ce que des outils en tous genres soient à portée des "moyennes" mains, avec ou sans surveillance de notre part.
Un enfant apprend en permanence. A nous de travailler notre attitude pour ne pas le freiner. Notre culture, notre logique, notre impatience, nous conduisent souvent loin de cet accompagnant "parfait", respectueux et bienveillant, ni trop bavard, ni trop perfectionniste. C'est le "ni trop bavard" qui me pose le plus de problème ...



(démontage du vieux lecteur dvd, automne 2014)


*"La pédagogie de la mouche", Bernard Collot

mercredi 13 mai 2015

Vivre l'Histoire

L'Histoire se raconte.

Les livres, les documentaires, les musées, les récits des plus âgés, permettent à l'enfant de se situer et de comprendre d'où il vient. Il est important de lui donner les clés qui lui permettront de classer ses connaissances : quand on observe la vie à Pompéi, l'organisation, l'hygiène, l'architecture, on a bien du mal à imaginer qu'à cela vont succéder des châteaux forts et un système féodal !!!
Décrire les modifications de frontières et les systèmes politiques à de jeunes enfants n'est pas, à mon sens, très adapté, à moins que l'intérêt ne vienne de l'enfant lui-même. Mais l'évolution des moyens de transport, du confort ou encore des métiers plait beaucoup aux plus jeunes qui peuvent imaginer et se projeter facilement.
Je raconte l'Histoire à mes enfants, et, lors des commémorations, si nous n'observons pas encore une minute de silence (pour commémorer, encore faut-il savoir à quoi penser), nous parlons beaucoup et de nombreuses questions sont abordées. Les enfants me guident, je ne prévois rien à l'avance.
Ce 8 mai, par exemple, la discussion a tourné autour d'Hiroshima. Parce que le 8 mai signifie non pas la fin de la guerre mais la reddition de l'Allemagne, que la guerre continue et que mes grands voulaient aborder "la suite" ...

L'Histoire se raconte, donc.
Mais elle peut aussi se vivre, et pour cela nul besoin d'habiter à Versailles ou au pied du Machu Picchu.

J'aime voir mes bébés s'approprier des espaces et réfléchir à la vie d'avant.
Faire une journée sans électricité est une bonne entrée en matière : eau froide, bougies, interdiction d'utiliser le frigo etc. Nous avons ébauché cette idée avec des soirées sur ce thème mais le pire est à venir ah ! ah ! ah ! ( rire sardonique ... )

La semaine dernière, loin des visites guidées et des musées où il est interdit de toucher (j'aime beaucoup les visites guidées et les musées, cela dit), nous avons emmené les enfants dans les ruines d'une forteresse médiévale. Jouer. Imaginer. S'approprier le passé à leur manière, sans s'offusquer de quelques anachronismes évidents et sans faire de leçon même si ça démange (non, aucune princesse ne vivait là, et s'il y en avait eu une, je doute qu'elle aurait eu à charge la sécurité de la tour ouest, à l'aide d'un sabre de pirate qui plus est).

J'aime les ruines. Les enfants ont toujours aimé s'y plonger eux aussi. Et je crois que, tapis dans l'ombre des meurtrières, ils sentent comme moi le poids des siècles et ne font qu'un avec celui qui, en poste là il y a des centaines d'années, surveillait les alentours et observait la nature, surement très différente. Ou pas.





 












mardi 17 février 2015

Périodes historiques

Lorsque j'étais en troisième, j'ai réalisé que notre programme d'Histoire, au collège, était établi de manière chronologique. Sixième : Histoire antique, cinquième : Histoire médiévale, quatrième : Histoire moderne, troisième : Histoire contemporaine.
En réfléchissant un peu plus, je me suis souvenue avoir parlé des hommes préhistoriques et des gaulois en CE1, avoir colorié un château-fort en CE2 etc ...
Il m'a fallu huit ans d'études en Histoire pour réaliser que les programmes avaient un sens, une logique. Pour avoir une vision globale.
Je trouve ça incroyable : on nous enseigne une matière morceaux par morceaux, sans lier les événements, sans que l'ensemble ait un sens.

Mes deux aînés sont grands maintenant. Ils sont curieux, passionnés, connaissent la catastrophe de Pompéi, le plan d'un château-fort, le pourquoi du 14 juillet. Grand A. apprend l'Histoire à l'école, il aime ça. En ce début de vacances, j'ai donc voulu les tester : j'ai rassemblé une dizaine de livres traitant de différentes périodes et je leur ai demandé de les classer. Si pour eux les dinosaures se placent avant les hommes préhistoriques, si la seconde Guerre Mondiale se situe après les chevaliers, l'enchaînement des époques est loin d'être maîtrisé.
Je sais, ils sont jeunes, c'est normal. Cela dit, je n'ai pas envie qu'ils attendent d'avoir 15 ans pour situer Louis XIV par rapport à Jules César (j'exagère à peine).



J'ai donc cherché sur internet de jolies frises à imprimer.

Première chose : je voulais une vraie frise, avec des durées visibles. Le Moyen-Age dure 1000 ans, l'époque Moderne 300 ans, on ne peut pas créer deux parties de même longueur !!!
Seconde chose : l'appellation "temps modernes" ne me plaisait pas du tout, je préfère "époque moderne", afin de ne pas confondre avec la Grande Dépression (voir le film de Charlie Chaplin).
Enfin, je voulais des frises vierges de toute illustration afin que mes enfants choisissent leurs propres événements marquants.

J'ai finalement dessiné moi-même une frise très simple que j'ai imprimé en plusieurs exemplaires. J'ai présenté les différentes périodes, expliqué les changements d'époque (débuts de l'écriture, Révolution Française etc ...) et la manière de lire une frise chronologique. Puis les enfants ont colorié, ont choisi leurs illustrations et ont beaucoup apprécié la séance.



Nous avons également acheté un classeur avec des intercalaires où mes grands pourront ranger leurs "recherches" et dessins selon les dates : article sur les dieux romains, coloriage de chevaliers, et même des articles de journaux récents. Ils pourront ainsi situer très facilement les faits qui les intéressent.

Je pense, avant la fin des vacances, faire une nouvelle séance, un peu plus personnelle celle-là : une frise de vie, en partant de leur date de naissance et en notant, année après année, l'histoire de leur vie.


grand A : homme préhistorique, Méduse, chevalier, couronne, fusée


Fleur : dino puis homme préhistorique, légende de Pégase, naissance de J-C, tour médiévale, couronne, naufrage du Titanic (coupé en deux sur le dessin, une partie sur l'eau, une partie sous l'eau)


frise de Plume