A la fin de son CP, la situation n'avait pas changé, il boudait encore les cursives et écrivait très peu à la maison, toujours en majuscules.
Durant l'été nous avons envoyé de nombreuses cartes postales fabriquées par les enfants. Ils écrivaient un petit mot, A. aimait bien poser une question ou deux, donner des nouvelles et signer. Il avait trouvé un petit plaisir à écrire, et même s'il n'écrivait pas chaque fois en cursives, l'intérêt était là. Personne ne leur a répondu par écrit, aucune lettre dans la boîte à lettres, seulement des sms et des mercis à l'oral. Tant pis, ils auront passé de bons moments quand même ...
A l'automne le déclic est venu par sa passion : le foot. Un beau jour A. est arrivé avec un texte. Il imaginait être un journaliste et commentait un match entier. Une grande page de cursives !!! Par la suite il a inventé de nombreux matchs, puis des fables qu'il illustrait et nous racontait. Dernièrement il a écrit un livre et voudrait que je lui achète un carnet qui ferme à clé.
Forcer ne sert à rien, et une passion peut amener des apprentissages qui dépassent ce que l'on aurait imaginé. Le foot qui fait aimer l'écriture ... "Et je ne suis jamais allé à l'école" d'André Stern illustre cela mieux que moi ; quand A. a eu besoin d'écrire, le plaisir est venu avec. Et je me suis bien gardée de corriger son orthographe ...
A. , cela dit, continue à bouder le crayon à papier. Il y a deux mois, il clamait haut et fort qu'il détestait la géométrie. Pour lui, géométrie signifie gomme, ratures et papier froissé. Je voulais lui présenter un autre aspect de cette matière, mais comment ?
Et j'ai discuté avec mon mari : on commence par la 2D ou la 3D ? On voulait du sensoriel, on voulait de la manipulation : la 3D s'est imposée d'elle même.
Et j'ai lu ce ce article :
http://mercimontessori.blogspot.fr/2014/08/geometrie-reggio-style.html
Et on s'est lancé. Mon but n'était pas de forcer A. à aimer la géométrie mais de lui proposer des situations inédites où la géométrie ait une place centrale.
Ma première proposition a été, finalement, assez semblable à celle d'Elsa : des miroirs, des couleurs, des volumes en bois, en plastique, en métal. Les enfants se sont extasiés, ils ont touché, ils ont imaginé des catégories, ils ont deviné certains noms et nous avons passé un beau moment.
A. a inventé une nouvelle version du jeu "Qui est-ce ?" à savoir "A quel volume je pense ?".
Ce qui nous a amené à des "Est-ce que c'est une pyramide ?", "Est-ce que sa base est carrée ?" mais aussi à des "Comment on dit quand il y a cinq côtés ?". Et c'est ainsi que le mot pentagone est entré dans notre vocabulaire courant (j'y reviendrais).
Par la suite (l'intérêt faiblissant au bout de quelques séances) j'ai proposé aux deux grands des étiquettes et un sablier. Les enfants aiment beaucoup les défis, nous utilisons souvent le sablier pour jouer au Castle Logix par exemple. Ils ont bien apprécié ce défi là, et ont coopéré pour compter les côtés, lire les étiquettes, se souvenir du mot hexagone (mais tu sais bien, comme la France), ou hémisphère (comme sur le globe).
Ma seconde proposition était également très sensorielle. Ces volumes, qu'ils avaient commencé à connaître, ils les ont créé. Si A. n'aime pas tracer (pas encore du moins), construire lui a toujours beaucoup plu. Nous avons donc fabriqué des pyramides, des pavés, des cubes ... puis un peu de tout cela mélangé.
Je ne pensais pas avoir autant de succès mais voilà : durant des jours, mes trois grands ont sorti la mallette, ont construit de la 3D, mais aussi de la 2D et de la 4D.
Et le soir, que demandait A. à la place d'une histoire ? Et oui, de la géométrie.Dernièrement, à l'école, A. a découvert le compas, et il adore ça !!!
J'espère que mes futures propositions en géométrie auront autant de succès, qu'il prendra plaisir à tracer et que petit à petit lui viendra l'idée de dessiner un grand stade de foot aux angles bien droits !!! En attendant je lui fais confiance, A. est un garçon passionné, un jour il aura envie.
Et si l'envie ne vient jamais, c'est qu'il n'en avait pas besoin. Mes propositions restent des propositions, personne n'est obligé de s'asseoir à table et de participer.
Un décagone (un peu de 2D)
M. a tout de suite compris le fonctionnement : les barres bleues dans les rectangles, les barres jaunes dans les triangles, les barres rouges dans les pentagones (quand je dis que ce mot fait désormais partie de notre vocabulaire courant !!!), c'est difficile je trouve mais elle s'en sort très bien.















Voilà encore un beau témoignage qui ne font que renforcer mes dernières lectures et mes conclusions : laisser le temps à chaque enfant d'apprendre, lui seul sait quand il sera prêt et savoir l'accompagner, le guider au bon moment! Mais oui, c'est tellement plus difficile d'être à l'écoute de ces enfants, de lâcher prise sur les "on doit savoir lire au Cp" ... voilà où est notre place!! En tous les cas bravo, tout le monde a l'air d'apprécier la géométrie maintenant!
RépondreSupprimerP.S: c'est quoi cette petite malette de construction (j'en connais plusieurs , en plastique et en magnétisme mais e n'ai jamais vu celle si ;-))
J'ai trouvé cette boîte sur wesco :
RépondreSupprimerhttp://www.wesco-eshop.fr/32135020-geobulles-246-pieces.html
Elle est vraiment bien mais il faut faire attention en démontant car c'est assez fragile.
Il existe une boîte plus petite mais je pense qu'avec si peu de pièces (50 contre 250 dans la mienne) on ne peut pas faire grand chose.
Lâcher prise, j'essaie, ce n'est pas toujours évident mais je progresse je crois :)
Merci pour le message
Bonjour,
RépondreSupprimerUn très bel article et de très belles photographies... Merci pour la référence de la malette qui a l'air vraiment très intéressante !!
Ton blog est très beau, félicitations.
Idem chez nous pour le lacher prise, on teste, et ce n'est pas toujours facile de ne pas projeter nos angoisses sur notre enfant qui peut sortir de la moyenne.
Merci :)
RépondreSupprimerLe moyenne, je crois que c'est celui-là le mot terrible !!! Les parents ne devraient pas connaître les moyennes, ça éviterait bien du stress, des jalousies, des conseils inadaptés et inutiles, et surtout une pression monstre sur les enfants (qui apprennent à marcher quoi qu'il arrive, ne portent plus de couches à 18 ans et grandissent même sans huile de foie de morue :) )
Je me souviens de mon inquiétude quand j'ai réalisé que M. ne tenait pas assise à 9 mois ... Et pourtant, c'était à prévoir. Et surtout, aujourd'hui, elle tient !!!
(et d'ailleurs, à 9 mois et demi, elle avait la force de rester assise de longues secondes sans aide même si je ne la calais pas entre deux coussins pour qu'elle soit libre de ses mouvements)